Marc a déjà essayé un support lombaire. Au début, ça l’a aidé. Moins de douleur. Plus de stabilité. Mais quelque chose a rapidement commencé à le gêner. Alors, il bouge moins. Tout semble plus rigide. Comme si le soutien l’aidait… mais en même temps le freinait !
C’est une limite bien connue des orthèses lombaires traditionnelles. Elles apportent un soutien mécanique en augmentant la rigidité du tronc et en réduisant les contraintes appliquées à la colonne [1]. Mais ce soutien est constant. Il ne s’adapte ni à la posture, ni à l’activité.
En conséquence : le mouvement est limité, la variabilité diminue et la progression fonctionnelle reste difficile. Or, si on a des maux de dos, le problème n’est pas uniquement la douleur. C’est aussi une perte de tolérance à la charge.
C’est précisément là que les orthèses lombaires actives changent la donne. Contrairement aux dispositifs passifs, elles ne se contentent pas de soutenir. Elles modulent l’assistance.
Avec une orthèse active comme TEOS le niveau de soutien s’ajuste en fonction du mouvement et des exigences de la tâche. Sur le plan biomécanique, cette approche va permettre de réduire les contraintes mécaniques lombaires, diminuer la demande sur les muscles stabilisateurs tout en conservant les amplitudes nécessaires au mouvement [2,3]. Les travaux de synthèse récents confirment que les dispositifs d’assistance actifs présentent un potentiel supérieur pour réduire les charges lombaires et la contrainte musculaire comparativement aux dispositifs traditionnels [2–5].
Pour Marc, la différence est simple. Il ne se sent plus « tenu ». Il se sent accompagné.
Un point souvent soulevé concerne le risque d’affaiblissement musculaire. Les données actuelles ne vont pas dans ce sens. Les orthèses lombaires vont modifier la répartition des contraintes, sans entraîner de diminution de la force musculaire [6,7].
L’intérêt d’une orthèse active ne réside donc pas dans le fait de faire à la place du corps. Mais dans sa capacité à rendre le mouvement à nouveau possible. En modulant la charge plutôt qu’en l’imposant, elle permet de maintenir l’activité, de préserver la mobilité et de soutenir une progression fonctionnelle.
Marc ne cherche plus à être protégé. Il cherche à pouvoir bouger. Et parfois, ce qui fait la différence, ce n’est pas plus de soutien. C’est un soutien qui s’adapte.
Autrice: Chloé Sutter – Étudiante au post doctorat – Santé
Références
1. Morrisette, D. C., Cholewicki, J., Logan, S., Seif, G., & McGowan, S. (2014). A Randomized Clinical Trial Comparing Extensible and Inextensible Lumbosacral Orthoses and Standard Care Alone in the Management of Lower Back Pain: Spine, 39(21), 1733‑1742. https://doi.org/10.1097/BRS.0000000000000521
2. Poliero, T., Fanti, V., Sposito, M., Caldwell, D. G., & Natali, C. D. (2022). Active and Passive Back-Support Exoskeletons : A Comparison in Static and Dynamic Tasks. IEEE Robotics and Automation Letters, 7(3), 8463‑8470. https://doi.org/10.1109/LRA.2022.3188439
3. Hou, C., Wang, H., & Liu, F. (2025). A wearable exoskeletal lumbar spinal rehabilitation robot based on sliding mode control scheme. Robotics and Autonomous Systems, 193, 105063. https://doi.org/10.1016/j.robot.2025.105063
4. Ali, A., Fontanari, V., Schmoelz, W., & Agrawal, S. K. (2021). Systematic Review of Back-Support Exoskeletons and Soft Robotic Suits. Frontiers in Bioengineering and Biotechnology, 9, 765257. https://doi.org/10.3389/fbioe.2021.765257
5. Chung, J., Quirk, D. A., Applegate, M., Rouleau, M., Degenhardt, N., Galiana, I., Dalton, D., Awad, L. N., & Walsh, C. J. (2024). Lightweight active back exosuit reduces muscular effort during an hour-long order picking task. Communications Engineering, 3(1), 35. https://doi.org/10.1038/s44172-024-00180-w
6. Azadinia, F., Ebrahimi, E., Kamyab, M., Parnianpour, M., Cholewicki, J., & Maroufi, N. (2017). Can lumbosacral orthoses cause trunk muscle weakness? A systematic review of literature. The Spine Journal, 17(4), 589‑602. https://doi.org/10.1016/j.spinee.2016.12.005
7. Kawaguchi, Y., Gejo, R., Kanamori, M., & Kimura, T. (2002). Quantitative analysis of the effect of lumbar orthosis on trunk muscle strength and muscle activity in normal subjects. Journal of Orthopaedic Science, 7(4), 483‑489. https://doi.org/10.1007/s007760200084
